PDAF (Mise au point automatique par détection de phase) : définition, fonctionnement et utilité
Technique de mise au point automatique qui détermine la distance de mise au point en mesurant la différence de phase entre deux images décalées, permettant un réglage rapide et précis du plan focal. Sa variante à double pixel intègre la détection de phase directement dans la matrice du capteur.
Le PDAF (Phase Detection Auto Focus, mise au point automatique par détection de phase) est une méthode de mise au point automatique utilisée dans les systèmes d'imagerie numérique qui calcule la distance de mise au point à partir de la différence de phase entre deux signaux optiques décalés. Contrairement à la mise au point par contraste, qui recherche itérativement le point de netteté maximale, le PDAF détermine directement la direction et l'amplitude du déplacement nécessaire, permettant un ajustement plus rapide et moins énergivore.
Principe de fonctionnement
Le principe repose sur l'interférométrie à deux faisceaux : une portion de la lumière atteignant le capteur est déviée vers deux photodétecteurs (ou régions de pixels) séparés par une distance connue. Le décalage positionnel de l'image sur les deux détecteurs — le déphasage — est proportionnel à l'erreur de mise au point. Le processeur d'image résout cette différence et envoie un signal de correction à l'actionneur de l'objectif, déplaçant les éléments optiques jusqu'à l'alignement des phases.
Architecture : variante à double pixel
L'implémentation PDAF à double pixel intègre la détection de phase dans la matrice du capteur d'image lui-même. Chaque pixel est divisé en deux photodiodes adjacentes : l'une reçoit la lumière déviée par un prisme ou un micro-miroir interne, l'autre par celui opposé. Ainsi, toute la surface du capteur participe simultanément à la mesure de phase, sans nécessiter une bande de pixels dédiée exclusivement à la mise au point.
- Couverture étendue : la détection de phase est répartie sur l'ensemble de la zone sensible, facilitant le suivi de sujets en mouvement.
- Coexistence avec l'OIS : dans les systèmes où elle apparaît, le PDAF à double pixel opère de manière complémentaire à la stabilisation optique d'image (OIS), qui corrige les tremblements de l'appareil, tandis que le PDAF corrige l'erreur de distance focale.
Applications documentées
Les spécifications de produit disponibles indiquent la présence du PDAF à double pixel à la fois sur la caméra arrière et la caméra avant de dispositifs mobiles :
- Caméra principale (arrière) : capteur de 50 Mpx, ouverture f/1,8, focale équivalente à 24 mm, taille de capteur 1/1,56", pas de pixel 1,0 µm, avec PDAF à double pixel et OIS.
- Caméra avant : capteur de 12 Mpx, ouverture f/2,2, focale équivalente à 26 mm, avec PDAF à double pixel.
La présence du PDAF sur la caméra avant est notable, car de nombreux dispositifs limitent la mise au point autoportrait à des méthodes par contraste ou à une mise au point fixe ; l'incorporation de la détection de phase à cette position accélère le verrouillage de mise au point en faible lumière ou avec des sujets proches.
Portée et limites
- Portée : le PDAF est efficace dans une plage de distances déterminée par la séparation des deux faisceaux et la focale de l'objectif. En dehors de cette plage, le système peut recourir à une méthode de repli (contraste) ou perdre la capacité de verrouillage.
- Dépendance au contraste local : dans des scènes à très faible texture ou sous illumination uniforme, le signal de phase peut être faible, réduisant la précision du calcul.
- Intégration au capteur : la division du pixel en deux photodiodes implique une légère réduction de la sensibilité lumineuse par pixel par rapport à une photodiode unique, bien que dans des capteurs de 1/1,56" et 1,0 µm cet effet soit compensable par le traitement du signal.
Interprétation de sa présence dans un produit
Lorsque les spécifications d'un dispositif listent PDAF à double pixel, cela indique que le fabricant a opté pour une architecture de mise au point par détection de phase répartie sur toute la matrice du capteur, plutôt qu'une bande de pixels dédiée ou une mise au point exclusivement par contraste. Sa coexistence avec l'OIS signale un système de stabilisation et de mise au point redondant : l'OIS compense le mouvement mécanique de la main et le PDAF corrige la distance focale. La mention explicite sur la caméra avant suggère en outre que le fabricant privilégie la vitesse de mise au point pour les autoportraits, un différenciateur par rapport aux solutions à mise au point fixe ou par contraste à cette position.
En résumé, le PDAF à double pixel est une stratégie de mise au point qui transforme la mesure de phase en une opération répartie sur l'ensemble du capteur, offrant une vitesse et une couverture que la détection par contraste seule ne permet pas, et dont la présence dans les fiches techniques d'un produit est un indicateur de l'architecture opto-électronique choisie par le fabricant.